juillet 23, 2018

« Mokusatsu » ! Ce mot vous est probablement inconnu. Et pourtant, il a fait couler beaucoup d’encre durant le siècle dernier… Et pour cause : ce mot japonais (ou plutôt sa traduction erronée) a bouleversé le cours de la Seconde Guerre mondiale.

Selon les historiens et les traducteurs, ce serait en partie à cause d’une erreur de traduction que la bombe atomique a été larguée sur Hiroshima le 6 août 1945, puis sur Nagasaki trois jours plus tard. Un drame qui a causé la mort de 250 000 personnes…

Un peu d’Histoire…

8 mai 1945 : l’Allemagne capitule. En revanche, le Japon campe toujours sur ses positions et croit encore à la victoire.

Les Alliés se réunissent afin de décider du sort des nations ennemies (le Troisième Reich, l’Italie et le Japon). Cette réunion, c’est la conférence de Potsdam, qui se déroule du 17 juillet au 2 août 1945. Pour vous situer, cette concertation a lieu 39 jours avant le drame d’Hiroshima.

En découle la célèbre déclaration de Potsdam. Une déclaration cosignée par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la République de Chine, qui somme le Japon de se rendre.

« Nous appelons le gouvernement du Japon à prononcer aujourd’hui la capitulation sans conditions de toutes les forces armées japonaises. […] Sinon, le Japon subira une destruction rapide et totale ».

Une proclamation qui s’apparente donc à un ultimatum… Notez que le président américain Harry S. Truman savait déjà depuis dix jours que sa bombe atomique était opérationnelle.

Les États sont donc en attente d’une réponse officielle du gouvernement japonais. Le gouvernement japonais est composé à l’époque de Kantaro Suzuki (Premier ministre), de Shigenori Togo (ministre des Affaires étrangères), du ministre de la Marine, du ministre de la Guerre, du chef des Armées et du chef de la Marine.

Les médias pressant les autorités japonaises à répondre, « Mokusatsu » fut finalement la réponse choisie par le gouvernement afin de faire patienter les Alliés et la presse.

L’ambiguïté s’installe…

« Mokusatsu » est un mot composé de deux kanji :

  • « Moku », qui signifie « silence » ;
  • « Satsu », qui équivaut à « tuer ».

Littéralement, ce mot signifie donc « tuer en silence ».

Mais il faut aller plus loin !

En réalité, ce terme a plusieurs significations possibles : 'ne pas tenir compte de', 'ignorer', 'sans commentaire', ou même 'traiter avec mépris'.

Finalement, la presse choisit d’annoncer que les autorités japonaises décident de « traiter avec mépris » la proclamation de Potsdam. Pourtant le Premier ministre japonais expliquera plus tard qu’il voulait dire « sans commentaire ».

Le lendemain, l’ambiguïté de cette réponse fait la une de tous les journaux et le principal quotidien du Japon déclare :

« Le gouvernement ne tiendra pas compte de cette déclaration »

Cette réponse mal traduite du Premier ministre japonais arrive aux oreilles de Harry S. Truman et entraîne, dix jours plus tard, le largage de la bombe atomique sur Hiroshima suivi, trois jours après, de celui sur Nagasaki.

Des années plus tard, Harry S. Truman déclarera :

« Quand nous leur avons demandé de capituler à Potsdam, ils nous ont répondu d’un ton méprisant… C’est tout ce que j’ai obtenu. Ils m’ont dit d’aller me faire foutre […] ».

Une preuve que la réponse du gouvernement japonais a été mal traduite et mal interprétée par le président américain de l’époque.

Interpréter et adapter, pas seulement traduire…

Cet exemple illustre bien l’importance de la traduction et de l’interprétation, ainsi que les conséquences désastreuses qu’une erreur de traduction peut avoir sur le cours de l’Histoire.

En (géo-)politique, les interprètes et traducteurs doivent transmettre les messages le plus fidèlement possible, en prenant plusieurs facteurs en considération :

  • Le régime politique des États ;
  • Les hommes politiques concernés, leur personnalité, leur histoire… ;
  • Le ton et le thème du débat ;
  • La relation entre les deux pays et leur histoire.

À l’oral, on parle d’interprétation.

L’interprétation, ce ne sont pas seulement des mots ! Mais aussi des gestes, un certain ton et parfois même, de l’ironie. La communication non verbale est aussi importante que la communication verbale. De ce fait, l’étude et l’analyse des personnes sont essentielles pour mener à bien une bonne interprétation.

Jacques Séguéla, célèbre publicitaire français disait : « Un débat, c’est 70 % de faciès, 15 % de gestuelle et 15 % de discours ». L’unique transmission des mots ne suffit donc pas ! C’est de là que le malentendu, le quiproquo, voire le contresens naîtra.

En voici l’exemple avec la Seconde Guerre mondiale. Bien entendu, d’autres facteurs ont mené à ce drame — comme l’ambiguïté plus ou moins volontaire du gouvernement japonais avec cette fameuse réponse, ainsi que les actes déjà programmés du président américain — mais la presse a tout de même mal transmis le message.

Ces facteurs n’ont très certainement pas été pris en compte. De plus, les médias, en pressant les autorités japonaises, n’ont sans doute pas amélioré la situation déjà très délicate.

La gestualité politique

La communication non verbale et la gestuelle font beaucoup parler. Lors des élections, les analystes s’en donnent à cœur joie pour interpréter la gestuelle des politiques pendant leurs discours.

Prenons un exemple : Nicolas Sarkozy était un bon « client » pour les analystes. Il était connu pour ses mimiques bien particulières lorsqu'il faisait des discours. Des études et des analyses ont même été écrites à ce sujet.

La communication non verbale et la gestuelle des politiques deviennent des éléments si importants que ces derniers ont même des coachs gestuels pour se préparer. Ils apprennent à bien se tenir et à adopter des postures particulières pour convaincre l’auditoire voire emporter les suffrages.

Ils doivent donc aussi s’adapter et faire attention lorsqu’ils s’adressent et communiquent de vive voix avec d’autres personnalités politiques issues d’autres pays et ne partageant pas les mêmes codes non verbaux.

La communication interne en entreprise

La communication interne d’une entreprise correspond à la communication et aux échanges effectués au sein d’une société. Aujourd’hui, c’est un aspect important dans la vie d’une entreprise.

En résultent les nombreuses formations de coaching et de management durant lesquelles des techniques de communication verbale et d’interprétation de la gestuelle sont enseignées.

Les mots ne suffisent jamais à l’interprétation et à la traduction. Le contexte est un élément tout aussi important qu’il ne faut en aucun cas négliger pour éviter toute erreur de traduction. Mais il est souvent mis de côté par les non-professionnels…

Vous souhaitez éviter les erreurs de traduction ? Entourez-vous alors de professionnels ! Les offres sur le marché sont toutefois très nombreuses.

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About the author

Raphaël

Passionné de communication et de webmarketing, Raphaël a créé Beelingwa en 2015 avec l'envie d'accompagner les entreprises de toutes tailles dans leur développement.

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