Traducteur ou interprète ? Quelles différences

5/5, Nombre de vote: 1

« Traducteur ou interprète ? Mais quelles sont les différences ? »

Il n’est pas rare pour un traducteur ou pour un interprète de converser avec des personnes qui ne font pas la différence entre les deux métiers. Il est vrai que, traducteur ou interprète, on transfère des informations d’une langue source à une langue cible. Et pourtant, traduire n’est pas interpréter. Et interpréter n’est pas traduire !

Alors, quelle est la différence entre ces deux métiers ?

 

Le métier de traducteur

 

Traducteur ou interprète ? Définissons dans un premier temps le métier de traducteur. Ce métier se pratique à l'écrit.En tant que traducteurs, nous avons pleinement conscience que le métier que nous exerçons est mal compris. Nous devons d’ailleurs souvent expliquer notre profession à notre entourage.

Un traducteur n’est pas l'autre, bien sûr, d’où la difficulté, parfois, de correctement définir notre activité.

Il existe en effet de nombreux types de traducteurs. Par exemple, les traducteurs spécialisés en médecine. Il y aussi les traducteurs spécialisés dans le domaine technique, ou encore les traducteurs jurés. Rajoutez un grand nombre de combinaisons de langues possibles. Vous obtienez ainsi une idée de la belle diversité de notre métier. Une diversité bien souvent mal comprise.

« Comment es-tu capable de traduire des textes juridiques ou techniques alors que tu ne t’y connais pas ? »

Voilà une question qui définit bien la complexité du métier de traducteur ou interprète (aussi !).

Plusieurs qualités sont indispensables pour être traducteur ou interprète. Pour traduire, il ne suffit pas de lire un texte une fois pour le retranscrire dans sa langue maternelle.

La traduction demande de la patience. Elle requiert un long travail de recherche. En effet, un traducteur doit s’informer avant de débuter sa traduction.

En outre, en plus de devoir connaître une multitude de choses, le traducteur se doit de posséder de très bonnes connaissances rédactionnelles et linguistiques.

« Ne suffit-il pas d’être bilingue pour pouvoir se prétendre traducteur ? »

Un traducteur n'est pas nécessairement bilingue. Cependant, d'autres qualités sont requises.

Question plutôt fréquente. Mais nous aurons tendance à répondre que non. Il ne suffit pas de connaître des langues sur le bout des doigts pour traduire.

Il faut connaître le contexte social et culturel dans laquelle ces langues sont parlées. De plus, nous devons être capable de reproduire l’idée de manière naturelle dans notre langue maternelle. Une tâche bien plus compliquée qu’il n’y paraît ! En effet, un texte bien traduit est un texte qui ne « sent » pas la traduction.

Pour résumer, traduire c’est transcrire un texte écrit d’une langue à une autre. Généralement, un traducteur traduira toujours vers sa langue maternelle. En effet, c'est celle qu’il maîtrise le mieux. Le traducteur est curieux par nature.

Il se doit de produire un texte qui correspond aux normes de sa première langue. Et ce, que ce soit d’un point de vue syntaxique, grammatical, ou typographique.

 

« Ah, et donc toi t’as étudié la traduction pour traduire les discours comme à la télévision ? »

Mais alors, traducteur ou interprète ? Quelles différences ?

 

Traducteur ou interprète : le métier d’interprète

 

Différent du métier de traducteur en de nombreux aspects, le métier d’interprète est assez complexe. Il demande beaucoup de qualités et de compétences.

L’interprète est avant tout un spécialiste de la communication. Sa tâche est de reproduire oralement le discours d’un orateur. Le traducteur traduit par écrit. L’interprète, quant à lui, traduit de vive voix.

« Traducteur ou interprète ? Traduire par écrit ou oralement, c’est pareil non ? »

Le métier d'interprète diffère beaucoup du métier de traducteur. Mais alors, quelles sont les différences ? Traducteur ou interprète ?

Détrompez-vous !

Le traducteur doit rester fidèle au texte source. Il ne peut se permettre d’omettre des informations que dans des cas très particuliers.

L’interprète, lui, est pris par le temps. Il peut se contenter de transmettre les idées que l’orateur exprime.


Le traducteur a un délai à respecter. Mais ce délai lui permet généralement de faire des recherches et de corriger ses phrases. Tout cela dans le but de rendre un travail précis et soigné.

Un interprète ne dispose d’aucun délai. Il doit traduire en direct ! C’est là que réside la différence la plus importante entre les deux professions. Contrairement au traducteur, l’interprète ne dispose ni de dictionnaire ni d’autres outils terminologiques. Il n’a pas le temps de faire des recherches. Il doit préparer son sujet auparavant. Sinon il ne sera pas capable d’interpréter au moment même.

« C’est incroyable que les interprètes soient capables de restituer un discours pendant des heures ! »

Cette remarque illustre bien le fait que le métier d’interprète est, lui aussi, généralement incompris.

Un interprète n’est pas capable de retransmettre un discours pendant des heures. C’est pourquoi il ne travaille jamais seul lorsque le discours est long ! Un interprète expérimenté est capable de restituer un discours pendant, en moyenne, une vingtaine de minutes.

« Donc, tu passes la plupart de ton temps en cabine ? »

Il existe trois principales formes d’interprétation : l’interprétation simultanée, l’interprétation consécutive et l’interprétation de liaison.Il existe plusieurs spécialisations possibles pour les interprètes. Traducteur ou interprète ? C'est une différence.

• L’interprétation simultanée : l’interprète travaille dans une cabine insonorisée. Il est équipé d’un casque et d’un micro. Les cabines sont généralement dédiées à une seule langue. Elles sont occupées par deux interprètes qui se relayeront au fil du discours. Dès que l’orateur commence à parler, l’interprète doit directement commencer à restituer le discours. Il n’a pas le temps de faire des recherches. De plus, il ne peut pas se permettre d’avoir des « blancs ». C'est la forme d’interprétation la plus stressante. L’interprète n’a pas le droit à l’erreur !

L’interprétation consécutive : l’interprète restitue le discours après que celui-ci soit terminé. Il prend des notes pendant que l’orateur parle. Facile ? Pas tellement ! Essayez donc de prendre des notes tout en écoutant un discours. Il ne faut rien oublier ! L’interprète ne peut se permettre de noter des mots ou des phrases. Il n'a pas le temps ! Il préférera la sténographie. Il peut aussi mettre en place un système personnel de symboles. Ces symboles pourront désigner un terme, une expression, ou même une idée complète. L’interprète doit entreprendre un travail conséquent de mémoire. Il ne peut pas oublier des informations. En outre, il doit être capable de délivrer son discours avec assurance.

Il y a des différences importantes entre être un traducteur ou interprète.• L’interprétation de liaison : ce type d’interprétation permet de faciliter la communication entre deux personnes, ou deux parties, ne parlant pas la même langue. Soit les deux parties font appel à leur propre interprète, soit un interprète se charge de parler les deux langues. Cela requiert de la transparence de la part de l’interprète. En réalité, il représente indirectement la personne pour laquelle il s’exprime.

« Finalement, tu es traducteur ou interprète ? »

Ces deux métiers partagent de nombreux points en commun. Cependant, ils ne demandent pas les mêmes compétences.

Un traducteur qui n’a pas reçu de formation en interprétation ne pourra pas prétendre être interprète, et vice-versa !

Pour conclure, si par malheur la distinction ne vous semble toujours pas claire, retenez surtout qu’un traducteur écrit et qu’un interprète parle !
 

Note: 
Average: 5 (1 vote)