Dix légendes urbaines sur les traducteurs

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Tous les traducteurs vous le diront : la traduction est une discipline mal comprise. Les discussions lors desquelles les traducteurs s'efforcent d'expliquer en quoi consiste leur métier sont souvent ponctuées de clichés de la part de leurs interlocuteurs. Voici une liste des idées reçues les plus fréquentes sur ce métier :

Dictionnaire - Beelingwa

1. Les traducteurs sont des dictionnaires « sur pattes »

« Tu pourrais me donner la définition de ce terme-là ? »

 

Tout traducteur est un jour confronté à cette question. Parce qu’être traducteur, dans l’esprit de nombreuses personnes, revient à être un dictionnaire. On se doit de connaître beaucoup de choses, certes, mais la connaissance vient souvent avec l’expérience. À la place d’étudier le Petit Robert par cœur pendant cinq ans, les futurs traducteurs apprennent entre autres les joies de la recherche terminologique. Eh oui, les traducteurs ouvrent eux aussi des dictionnaires ! Tant mieux d’ailleurs, car traduire un texte technique ou scientifique sans outil terminologique me paraît très compliqué, voire impossible !

 

2. Les traducteurs connaissent 10 langues 

« Tu es traducteur et tu ne connais que l’espagnol et l’anglais ? »

 

Peut être que certains traducteurs connaissent en effet dix langues. Personnellement, je n’en ai jamais rencontré. D’ailleurs, pour être honnête, quand je vois des traducteurs avec plus de quatre combinaisons de langues différentes, je reste sur mes gardes.

Pour traduire, il faut avoir une connaissance très poussée de ses langues de travail. Il faut bien les maîtriser et en connaître les subtilités. La plupart des traducteurs travaillent généralement au départ des langues avec lesquelles ils se sentent tout à fait à l’aise. En traduction, il est en effet très important de préférer la qualité à la quantité.

 

3. Toute personne bilingue peut traduire

« Tu parles anglais, non ? Tu pourrais traduire ce texte pour moi ? »

 

De nos jours, de nombreuses personnes font appel à une personne « bilingue » issue de leur entourage au lieu de faire appel à des traducteurs freelance ou à une agence de traduction professionnelle. Pourquoi ? Le prix, bien sûr ! Et la qualité dans tout ça ? Traduire n’est pas un loisir ! Il s’agit d’un véritable métier. Il ne suffit pas de connaître des langues étrangères pour traduire. Une traduction de qualité ne pourra que provenir de la plume d’une personne qui a été formée et qui a acquis de l’expérience au fil des années.

D’ailleurs, si vous posez la question à des traducteurs, beaucoup vous diront qu’ils ne sont pas bilingues. Être bilingue signifie maîtriser deux langues de la même façon. Bien que le traducteur ait une connaissance très poussée des langues étrangères, il doit avant tout parfaitement maîtriser sa langue maternelle et les techniques de traduction.  

En bref, retenez que tous les traducteurs ne sont pas bilingues, et que les bilingues ne sont  pas tous traducteurs !

 

4. Les traducteurs traduisent vers toutes les langues qu’ils maîtrisent

« J’ai rédigé ma lettre de motivation. Tu pourrais me la traduire en anglais ? »

 

Scoop ! Les traducteurs professionnels, par soucis de déontologie, ne traduisent QUE vers leur langue maternelle ! Les traducteurs, ces linguistes exerçant un métier mal compris, doivent souvent le rappeler. Pour qu’une traduction soit de bonne qualité, elle doit avoir été rédigée par une personne native, qui connaît sa langue maternelle sur le bout des doigts.

 

5. Les traducteurs peuvent tout traduire

« Tu pourrais traduire ce texte sur la méthylation de l’ADN, s’il te plaît ? Merci ! »

 

Au cours de leur carrière, les traducteurs ont généralement tendance à se spécialiser. Certains préfèrent la traduction générale, d’autres se spécialisent en traduction médicale, et d’autres encore se dédient à la traduction dans le domaine technique. Un traducteur n’est pas l'autre. C’est pour cette raison qu’un traducteur spécialisé en économie ne sera peut être pas capable de traduire un texte scientifique destiné à l’usage des médecins. Pourquoi ? On ne peut pas être expert en tout ! La traduction de textes spécialisés demande du temps et des connaissances préalables.

 

6. Il n’existe qu’une traduction possible pour chaque texte

« Je ne vois pas comment on pourrait traduire ce texte autrement ! »

 

Soyons clairs : la traduction n’est pas du mot à mot. Sinon, Google Translate ne donnerait pas des résultats aussi improbables, les études de traduction n’existeraient pas, et je n’aurais jamais écrit cet article ! Traduire, c’est extraire le sens du texte d'une langue A et le transposer vers une langue B, votre langue maternelle. Facile ? Non, car il ne faut pas que le texte « sente » la traduction, il faut qu’il soit naturel. Il existe une multitude de traductions possibles pour le même texte. C’est ce qui fait aussi la richesse d’une langue !

 

7. Google Translate c’est rapide, efficace et fiable

« Pourquoi tu traduis alors que Google Translate existe ? »

 

Vos poils se hérissent ? Les miens aussi ! Pourtant, cette phrase, je l’ai entendue plus d’une fois… Les logiciels de traduction en ligne sont certes rapides et simples, mais sont-ils de qualité ? Non, car ils ne sont pas capables de déceler le contexte d’un texte, ses nuances ou encore ses touches d’humour. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en disant qu’en général, les traductions fournies par ce type de logiciel n’ont aucun sens. Sachez d’ailleurs qu’un traducteur professionnel n'utilisera jamais ce genre d’outil.

En bref, si vous désirez un service de qualité, n’hésitez pas à fermer la fenêtre de Google Translate, à chercher une agence de traduction, ou un traducteur indépendant, et à demander des services de traduction 

 

8. Les traducteurs sont capables de traduire une page en dix minutes

« Je sais qu’il est tard, mais tu pourrais traduire ces 3 petites pages pour demain matin ? Ça te prendra 30 minutes maximum ! »
 

 

Traduire prend du temps. Surtout s’il s’agit d’un texte spécialisé qui demande un long travail de recherche. Il faut d’abord comprendre le texte source, effectuer des recherches terminologiques, ou rechercher des informations sur le texte, puis le transposer dans sa langue maternelle. Un traducteur professionnel et chevronné  traduit en général aux alentours des 2000 mots par jour. Ca ne paraît pas énorme comme ça, mais croyez-moi, ça l’est ! Il n’est d’ailleurs pas rare pour un traducteur de travailler de nuit car certains textes demandent plus de travail que d’autres.

 

9. Les traducteurs sont capables d’interpréter

« Tu pourrais traduire ce qu’ils disent à la télé ? Je ne comprends pas… »

 

Nous avons déjà rédigé un article sur les différences entre les traducteurs et les interprètes. Je vais donc tenter d’être brève : ces deux professions requièrent des compétences différentes. Alors qu’un traducteur transpose un texte par écrit d’une langue source à une langue cible, et a donc le temps de faire des recherches et de corriger sa traduction par après, l’interprète, lui, n’a pas ce luxe : il transpose des discours oralement. Le but est le même pour les deux métiers, mais la façon d’opérer est totalement différente.

Pour en savoir plus sur la différence entre ces deux métiers, rendez-vous ici !

 

10. Les traducteurs travaillent en pyjama

« Tu restes chez toi toute la journée ? C’est chouette, tu peux rester en pyjama ! »

 

Ce n’est pas parce que les traducteurs travaillent depuis chez eux, qu’ils passent leur vie en pyjama dans leur fauteuil. Bien sûr, même si chacun a le droit de s’habiller comme il veut quand il reste à la maison, cette idée reçue suggère que les traducteurs ne sortent jamais de chez eux. Pas nécessairement ! Le traducteur a aussi des amis et des activités… de plus, un client pourrait le contacter par Skype !
 

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